Toujours connu pour ses qualités d’ingénieur informatique, Rodrigue explore le monde des logiciels et y contribue avec vision. Entre les VPN et l’éducation, entre Tunnel Bear et Albert, Rodrigue poursuit aujourd’hui ses aventures à Toronto avec brio.

Quel est ton quotidien de travail ?

Je me réveille, je bosse un peu sur Albert. Albert est une plateforme d’éducation que nous développons, Jérémy Pekmez et moi, pour les enseignants. Le but est que les enseignants puissent créer du contenu interactif et le publient rapidement à travers toutes les interfaces (mobiles, tablettes). Cela permet de suivre l’évolution du travail de l’élève et de personnaliser son éducation. Albert est passionnant et je travaille dessus quand je ne suis pas au travail. Mon vrai travail, c’est Tunnel Bear. Et Tunnel Bear avance rapidement. C’est tout ce que j’aurai voulu pour Albert et moi-même. Quand j’ai rejoint Tunnel Bear nous étions 4, aujourd’hui nous sommes 32. L’entreprise est géniale. La culture est géniale. Les employés sont géniaux (c’est le genre d’entreprise où tu n’as jamais d’histoire avec les autres et où tu as envie de bosser avec tout le monde tout le temps : un peu comme aux Sats). Tunnel Bear est une société qui déploie des applications permettant de naviguer en ligne privately, en privé. Chaque jour je m’occupe du développement et du planning. Chaque jour, je débloque les éléments qui pourraient retarder le travail des autres : cela peut être du code review par exemple. Tunnel Bear existe parce que Internet n’est plus qu’on outil de customisation. Les publicités ou les trackers en sont les meilleurs exemples. Aux Etats-Unis, les sociétés d’assurances utilisent ce que tu cherches en ligne pour augmenter leurs prix. Cela est encore interdit au Canada mais le monde avance vers cela. Tunnel Bear est donc un VPN (réseau privé virtuel) simple. Beaucoup de nos clients utilisent Tunnel Bear pour regarder HBO aux Etats-Unis. Plus de 50% de nos clients viennent des Etats-Unis et se connectent sur des serveurs américains (depuis les révélations de Snowden, tout le monde est plus attentif). La France est dans notre top 10 clientèle mais c’est l’Angleterre notre premier client européen. Là-bas, la nouvelle législation tend à réduire la vie privée des personnes en ligne. Par exemple, si tu y organises une manifestation ou un rassemblement, la police le sait immédiatement. À côté de cela, je fais beaucoup de sport et je consacre du temps à ma vie de famille, à ma future épouse, Rachel, à ma future famille.

En rejoignant Les Satellites, que viens-tu y chercher ?

Au début, c’était vraiment pour ne pas travailler seul. J’ai commencé à travailler chez tequilarapido puis pendant 1 ou 2 mois j’étais seul à travailler sur Kwixer, notre premier projet avec Jérémy. C’est bien, un temps, et puis ça fatigue. J’ai besoin des deux situations : pouvoir être seul et pouvoir être entouré. Tout le monde a besoin de ces deux choses. Au départ, donc, aux Satellites tu y vas pour toi, pour te faire du bien. Et puis tu comprends vite que ce n’est seulement pour ton bien propre que tu t’y rends. Je cherchais à ne pas être seul et je me suis retrouvé touché par les personnes présentes. Les Satellites, ce n’est pas l’espace en soi, même s’il est super, c’est davantage les gens et le fait d’être avec eux. Maintenant que je suis loin, très loin, à Toronto, je vis parfois l’expression « fear of missing out ». Je ressens cela dès que je vois des images, dès je vois de l’activité. Si seulement je pouvais y être… Mais avec le temps, c’est moins dur. Je me dis à présent que j’aime ce lien que j’ai avec Les Sats. Je reste présent sur Slack et même si je ne parle pas à grand monde, je sais qu’il y a quelque chose entre nous tous, je sais qu’il y a quelque chose qui m’attends si je reviens en France.

Qu’aimes-tu faire les weekends ?

Le weekend, j’aime poursuivre mon travail sur Albert. J’aime aussi essayer de nouvelles choses. Par exemple, je n’ai jamais fait de ski ou de patinage. Du coup, je teste. Avec Rachel et les amis, ça nous sort de notre routine quotidienne. Je parle à mes parents également, qui vivent au Koweit. J’ai deux frères à Toronto, deux jeunes frères, dont j’essaie de prendre soin et que j’essaie de voir régulièrement. On visite les alentours de Toronto en hiver. On va plus loin en été, c’est plus facile : la Nouvelle-Ecosse, le Québec, la Colombie Britannique bientôt, etc.

Quelle est ton idole business (ou ton personnage d’inspiration) ?

Ce n’est pas très imaginatif mais il s’agit de Bill Gates. Je me suis toujours dit que je souhaitais faire le bien autour de moi en utilisant ma passion, les softwares. Quand Kwixer n’a pas fonctionné, on s’est tourné avec Jérémy vers quelque chose qui avait plus de chance de marcher, qui pouvait nous rendre riches afin de poursuivre ce plan : faire le bien autour de nous. Le temps passe et je deviens humble. Mon côté philanthrope sera beaucoup plus traditionnel : ce ne sera pas mon boulot à temps plein mais j’y consacrerai du temps et de l’argent. Elon Musk est aussi une personne très inspirante. À 20 ans, j’aurai adoré en faire autant que lui.

Ton rêve ?

J’en ai deux. Dans un monde réel, je veux que ma famille vive confortablement. Mes parents ont tout fait pour moi, mes frères et ma petite soeur. Et ils continuent de travailler. J’ai eu de la chance dans la vie en plus d’avoir travaillé. Être développeur, il se trouve aujourd’hui que c’est une bonne situation et j’ai de la chance de vivre confortablement grâce à cela. Je fais tout pour que ce soit le cas pour ma famille, pour mes frères. Je veux qu’on soit tous bien, plutôt qu’uniquement moi et pas eux. Ça c’est mon rêve. Dans un autre monde, un monde parfait, j’aimerais qu’un jour tout le monde soit d’accord pour faire le bien. Juste un jour. J’en ai souvent parlé à mon ami, Joseph Ayoub. Que tout ce que l’on fait ce jour-là soit pour le bien-être de tout le monde. Et que tout le monde soit au courant. Si pendant un jour on a ça comme exemple, sans guerre, sans mal en gros, peut-être cela prouverait aux générations futures que c’est possible. C’est un rêve bizarre, j’en conviens, mais je ne veux qu’un jour…

Ton mantra ?

No pain no gain. Si je ne me fatigue pas, alors je ne mérite pas ce qu’il m’arrive. Ça veut aussi dire que plus je me fatigue, plus je vais gagner.

Interview réalisée par Nicolas Bergé