Connu pour sa culture photographique et artistique, Henri redonne à la photographie ses lettres de noblesse. De Nice à Los Angeles, ses clichés entrevoient le monde d’aujourd’hui tel qu’il aurait toujours dû être : vivant.

Quel est ton quotidien de travail ?

Je suis photographe. 50% de mon temps est pris par la photographie d’événements pour des pros ou des particuliers. L’autre 50% de mon temps est pris par de la photographie d’art de voitures et de motos. Et encore 50% – car je suis à 150% ! – de post-production. Si je ne suis pas sur le terrain à photographier, je suis ici aux Sats pour de la post-production, c’est-à-dire du Photoshop, de l’Illustrator, de la retouche, de la mise-en-page, de la conception et de l’impression de books, livres, albums et catalogues. Les clients me trouvent par bouche-à-oreille. Une fois le devis commandé, nous nous donnons rendez-vous chez eux – chez eux par exemple pour des photos de famille ou de naissance – ou sur le lieu de l’événement. Le temps du shooting, il m’arrive de le passer en équipe, souvent avec Thomas et Olivier, tout deux membres des Sats et d’excellents photographes. J’ai un petit laboratoire avec moi qui me permet d’imprimer les photos sur place lors de certains événements (mariages, communions, etc.). Puis je traite les photos, revois mon client pour visionner, choisir les bonnes photos ensemble et valider le book, l’album ou le catalogue. Puis j’imprime. Aujourd’hui, la photographie s’est extrêmement démocratisée. La grande révolution fut pour moi l’appareil jetable. Puis est venu n’importe quel smartphone avec un appareil photo, ce qui a rendu la photographie accessible pour tous, gratuite, sans contenu. Tout est pris en photo et publié. Evidemment je parle de dévalorisation de la photographie par sa démocratisation. C’est de mon métier dont je parle donc je tire mon épingle du jeu avec des photos hors-format ou très professionnelles, que personne ne peut faire car très nichées. Par exemple, les photos de voitures et de motos, car je travaille avec des collectionneurs et des passionnés qui ont beaucoup de choses à raconter sur ce qu’ils possèdent. Le contenu est une niche et j’ai le produit qui fait rêver. Los Angeles est ma nouvelle frontière, par ailleurs. Je participe à redonner de la valeur à la photographie, même si c’est difficile.

En rejoignant Les Satellites, que viens-tu y chercher ?

J’ai été très mal introduit aux Sats puisqu’on m’avait dit qu’il s’agissait de bureaux à louer. Je n’ai donc pas compris immédiatement ce que c’était, ni quel était l’intérêt. Puis j’ai très vite saisis le b.a. ba du coworking, sa force et la puissance du travailler ensemble. J’en oublie même aujourd’hui comment je travaillais avant, comment c’était pour trouver des partenaires, des freelances, des fournisseurs et des clients. Quand tu es seul chez toi, tu rames, et souvent sur des détails. Aujourd’hui, j’ai la moindre réponse à mes questions en 5 minutes, et quand je ne l’ai pas, c’est que quelque chose ne va pas. Ah oui, je ne suis pas aux Satellites…! Je suis à l’écoute de tout ce qu’il se passe aux Sats car cette connexion est quasi-obligatoire. J’aime écouter, c’est ce que je viens chercher aux Sats. Que l’on m’écoute aussi, bien entendu. Je me mets toujours à la place des nouveaux membres qui arrivent et je me dis : qu’est-il en train de vivre ? comment est-il arrivé là ? Je les accueille ainsi et suis curieux de leur manière de travailler afin de voir si je peux arriver à les aider et participer à leur ouvrir leur horizon. Si un nouveau membre est là, c’est parce qu’il cherche de l’aide, un autre moyen de travailler : à nous de lui tendre la main. Les Sats est riche et si varié. Je ne sais combien de métiers il y a ici. Et toujours, c’est le même discours : ils veulent partir de chez eux. Bien sûr, c’est chronophage, il ne s’agit pas de discuter avec tout le monde tous les jours. Mais c’est utile.

Qu’aimes-tu faire les weekends ?

De mes temps libres, ce que j’aime faire – à part être avec ma femme et mes enfants à la maison – c’est le bricolage. J’aime bricoler. Je créé des lampes donc je coupe, je soude, je ponce, je peins, je brosse. Quand j’ai le temps… Et j’aime le bénévolat. Je trouve une satisfaction dans le bénévolat qui est unique.

Quelle est ton idole business (ou ton personnage d’inspiration) ?

Je suis en admiration devant quelqu’un qui existe aujourd’hui, qui est un modèle pour moi : c’est Serge Bueno (https://www.heroesmotors.com). Il vit à Los Angeles, était à Paris avant. Il est doué, artiste quand il peint ou prend des photos. Ce que j’admire chez lui, c’est qu’il met tout et n’importe quel objet dans un écrin. L’objet valorisé est mis en scène, en abîme. Il y met de la réflexion et quasiment de l’anti-vente. Voilà une personne qui m’inspire beaucoup !

Ton rêve ?

J’ai que des rêves ! C’est ce qui me fait vivre. Mon premier rêve c’est me réveiller un jour et de voir mes enfants et ma femme heureux, loin de tout souci. J’aimerais qu’on arrive à supprimer cette liste de choses préoccupantes qui nous enlisent. Et j’ai plusieurs solutions pour cela. Je crois beaucoup en la méditation, au temps, au fait de se dire les choses.

Ton mantra ?

Théodore Herzl (1860-1904), journaliste et écrivain austro-hongrois, fondateur du sionisme : « Si vous le voulez, ce ne sera pas qu’un rêve. »

Interview réalisée par Nicolas Bergé.